Qui ?
Stéphane Mallarmé, de son vrai nom Etienne Mallarmé, est un poète du XIXe siècle, instigateur d’un renouveau de la poésie, influençant nombre de poètes du XXe siècle. Sa poésie difficile et originale font de lui un auteur à part.
Confié très jeune à ses grands-parents suite à la mort de sa mère, le jeune Mallarmé suit une scolarité difficile. Sa sœur, Maria, décède alors qu’il n’est qu’adolescent et c’est à cette époque qu’il commence à composer ses propres textes. Il trouve un travail à Sens, et quelques uns de ses poèmes sont publiés dans différentes revues. C’est à cette époque qu’il s’éprend de Marie, jeune gouvernante allemande, qu’il épousera quelques années plus tard.
Après avoir été réformé du service militaire, il se rend à Londres pour épouser Maria et se former à l’enseignement de l’anglais. Il est muté en Ardèche où il se considère comme exilé. Cet “exil” forcé transparaît dans les poèmes qu’il compose à cette époque ( Les Fleurs, Angoisse …).
Traversant une période profonde de doute dans les années 1866-1867, il entame une importante correspondance avec Paul Verlaine. Rapidement il commence la publication de poèmes en prose et l’écriture d’Igitur, qui marque son retour sur la scène littéraire française. Il est par la suite nommé à Paris, et il s’installe dans la capitale avec sa famille.
Son séjour à Paris lui permet de rencontrer de nombreux grands poètes et écrivains de l’époque, parmi lesquels Rimbaud, Zola ou encore Hugo. De santé fragile, Mallarmé séjourne à de nombreuses reprises sur les bords de Seine dans une maison de repose, en compagnie de Nadar.
En 1884, avec l’appui de Verlaine, Mallarmé peut publier de nouveaux poèmes. Ses traductions de vers de Poe sont également rendues publiques. Mais, de santé toujours fragile, le poète s’éloigne de l’enseignement pour se mettre au vert. En 1898, malgré la fatigue, il soutient le “J’accuse” de Zola, paru dans l’Aurore. Peu de temps après, fatigué par des problèmes respiratoires, il décède suite à des spasmes du larynx.
Quoi ?
O rêveuse, pour que je plonge
Au pur délice sans chemin,
Sache, par un subtil mensonge,
Garder mon aile dans ta main.
Une fraîcheur de crépuscule
Te vient à chaque battement
Dont le coup prisonnier recule
L’horizon délicatement.
Vertige ! voici que frissonne
L’espace comme un grand baiser
Qui, fou de naître pour personne,
Ne peut jaillir ni s’apaiser.
Sens-tu le paradis farouche
Ainsi qu’un rire enseveli
Se couler du coin de ta bouche
Au fond de l’unanime pli !
Le sceptre des rivages roses
Stagnants sur les soirs d’or, ce l’est,
Ce blanc vole fermé que tu poses
Contre le feu d’un bracelet.




