« Docteur à tuer » de Josh Bazell : un livre … à mourir.

Comme je vous l’avais dit dans un précédent post, j’ai reçu d’une agence le livre « Docteur à tuer » de Josh Bazell. L’agence avait d’ailleurs mis en place un très joli plan marketing avec trailer et tout le toutim, pour vendre le livre. Côté marketing, c’était nikel. Bossant dans la com, je peux vous dire que j’ai vraiment été conquise par cette approche du livre, qui rend la littérature moins austère et peut-être aussi plus abordable pour certains réfractaires.

Voilà donc l’étape suivante : mais dites-moi, mademoiselle, qu’avez-vous pensé de ce livre, après une lecture approfondie et plein de marques pages ? Je dois avouer que je ne suis pas très polar (vous l’avez sans doute remarqué) et je cherchais un livre qui me réconcilierait avec le genre et qui me ferait voguer vers de noires contrées. Eh bien, pour info, ce ne sera pas Docteur à tuer.

C’est là que l’on voit toute la puissance du marketing. Un plan com super bien ficelé qui ne présageait que du bon pour ce bouquin et pourtant, l’action, l’histoire et mêmes les persos retombent comme des soufflés.

Je m’explique.

Sur la quatrième de couverture on nous présente le roman comme un savant mélange explosif entre Dr House et les Soprano (pour le côté hôpital et mafia, le côté irrévérencieux du Dr House en moins, cela dit). Effectivement, on retrouve bien là deux éléments centraux du livre (même s’il me semble qu’un médecin névrosé et drug addict en personnage principal ne soit pas très original. Oui, j’ai pensé à la même chose quand j’ai regardé les premiers épisodes de Nurse Jacky). Peter Brown, ex tueur à gage de la mafia, élevé par des grands parents juifs rescapés d’Auschwitz, trouve sa rédemption dans l’exercice de la médecine, jusqu’à ce qu’un ancien du « gang » vienne à l’hôpital pour se faire soigner. Et là c’est le drame.

Oui, le drame.

Le drame parce que l’histoire avait bien commencé. On s’attache à Peter Brown, à cette enfance malmenée, à cette famille éclatée. On s’attache à son franc parler et à ses addictions, à ses coups de gueule. Josh Bazell a quand même une très bonne idée de mêler présent et passé : on découvre la jeunesse de Peter Brown, ses amours, ses amis, ses emmerdes aussi (et surtout). Bref, jusque là tout va bien.

Lorsque l’action s’emballe (en gros, quand Brown découvre qu’un des patients est un ancien de la mafia), on reste sur le bord de la route. On suit le tout, sans jamais être vraiment happé par l’histoire. Au final, la vie passée de Brown m’a semblé plus intéressante que ses problèmes actuels. Plus d’action, plus de romance, plus de synergies entre les personnages (notamment cette histoire d’amitié entre lui et Skinflick, qui aurait vraiment mérité d’être plus détaillée).

C’est bien dommage car, vraiment, le roman commençait très bien mais la seconde partie retombe comme un soufflé. Et je ne vous parle pas de la fin que j’ai trouvé complètement absurde et invraisemblable, que ce soit dans le déroulement de l’action et les interactions entre les personnages. Je ne m’attarderai pas non plus sur l’action finale qui m’a fait plus rire qu’autre chose.

Voilà, un avis assez tranché. J’aurai aimé, je le reconnais, avoir un avis plus mitigé sur cet ouvrage. Et ce, pour plusieurs raisons :

– j’aimais l’ambiance qui avait été créée en début de roman

– le jeune Peter Brown est vraiment un personnage attachant

– faire cohabiter hôpital, tueurs à gages et mafia était vraiment prometteur.

Malheureusement, le style de Bazell, même s’il est dynamique et au final se prête bien à l’action, ne m’a pas plu. Je vous entends au loin me dire « oui, mais c’est un traduction, il n’y a pas la patte « Bazell ». ». Je vous l’accorde, Messieurs, Dames, et c’est pour cela que je m’étalerai pas plus longtemps sur cette lourdeur stylistique.

Je suis juste déçue par une action qui démarre sur les chapeaux de roue mais qui rapidement s’essouffle et laisse son lecteur sur le bord du chemin.

MAIS (car j’aime nuancer mes propos), je vous recommande quand même de lire ce livre, ne serait-ce que pour l’histoire de la jeunesse de Brown, qui à elle seule vaut bien de subir quelque peu le style de Bazell et une histoire mollassonne sur la fin.

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