Archive for Poèmes

Qu’est-ce que la poésie ?

Vaste question qui me taraude depuis quelques jours. Évidemment, il semble impossible de répondre précisément. Une réponse trop marquée serait de toutes façons incomplète. La poésie se référant aux émotions, aux sentiments, elle ne peut avoir de définition universelle.

Si l’on se réfère à l’étymologie, « poésie » vient du grec « poieien » qui signifie « créer ». Nous avons là une jolie étymologie, qui fait du poète un créateur, un inventeur.

La poésie est considérée comme un art : l’art d’exprimer ses sentiments, l’art de manier les mots, l’art de leur donner un sens, de créer des formes grammaticales. La poésie, dans l’acceptation populaire, a une forme bien à elle et comporte généralement des rimes.

Mais de nombreux auteurs ont décidé de se jouer de ses codes pour donner à la poésie, une dimension visuelle, en plus d’une dimension sonore. Oubliés le quatrain, oubliés l’alexandrin ! Bonjour au calligramme. Même si le calligramme a été réinventé par Apollinaire, de nombreux auteurs avant lui, notamment Rabelais, se sont emparés de ce moyen d’expression.

Moderne, différente (transgressive peut être ?) cette représentation poétique tranche avec le classicisme de la poésie de l’époque.

On voit donc là que chacun a sa propre conception de la poésie, nous l’avons vu à de nombreuses reprises sur ce blog. De la poésie extrêmement classique à la poésie plus contemporaine, de la poésie lyrique à une poésie engagée et dénonciatrice, la poésie est ce que chacun d’entre nous en fait.

Pour conclure, je vais laisser les derniers à Mr de Musset, qui à travers son poème « Impromptu« , répondait à la question : qu’est-ce que la poésie ?

Chasser tout souvenir et fixer la pensée,
Sur un bel axe d’or la tenir balancée,
Incertaine, inquiète, immobile pourtant;
Eterniser peut-être un rêve d’un instant;
Aimer le vrai, le beau, chercher leur harmonie;
Ecouter dans son cœur l’écho de son génie ;
Chanter, rire, pleurer, seul, sans but, au hasard ;
D’un sourire, d’un mot, d’un soupire, d’un regard
Faire un travail exquis, plein de crainte et de charme,

Faire une perle d’une larme :

Du poète ici-bas voilà la passion,
Voilà son bien, sa vie et son ambition.

« Le Présage » – Marceline Desbordes Valmore

Qui ?

Marceline Desbordes Valmore est une grande poétesse du 19e siècle, précurseur du romantisme.

Tour à tour, actrice (elle a joué dans le Barbier de Séville), auteur de théâtre et poétesse, elle a enchanté le 19e siècle et de nombreux grands artistes lui rendent hommage. Balzac, Verlaine, Baudelaire et bien d’autres ne tarissent pas déloge à son sujet.

Issue d’une famille ruinée par la révolution, Marceline est emmenée dès 1802 à la Guadeloupe par sa mère, ou celle-ci meurt quelques mois plus tard. De retour à Paris, elle est engagée dans une troupe de théâtre et se fait ainsi connaître. Marceline aura 4 enfants (le premier d’une liaison avec un acteur, les trois autres issus de son mariage avec un acteur, Prosper Lanchantin, dit Valmore). Malheureusement un seul de ses enfants, Hypolyte, issu de son mariage avec Valmore, lui survivra. Sa fille, Ondine, fut elle aussi une poétesse et écrivit de nombreux poèmes, jusqu’à sa mort, à 31 ans.

Très aimée de son vivant, publiant irrégulièrement, Marceline reçoit une pension royale de la part de Louis-Philippe et de nombreuses distinctions.

Quoi ?

« Le présage » est tiré de son recueil, Elégies et poésies nouvelles, paru en 1819.

Oui, je vais le revoir, je le sens, j’en suis sûre !
Mon front brûle et rougit ; un charme est das mes pleurs;
Je veux parler, j’écoute et j’attends … doux augure !
L’air est chargé d’espoir … il revient … je le jure …

Me voici sur la route, et j’ai fui ma fenêtre.
Trop de fleurs l’ombrageaient … Quoi ! c’est encor l’été ?
Quoi ? les champs sont en fleurs ? Le monde est habité ?
Hier c’est donc lui seul qui manquait à mon être ?
Hier, pas un rayon n’éclairait mon ennui;
Dieu ! … l’été, la lumière et le ciel, c’est donc lui !

Oui, ma vie ! oui, tout rit à deux âmes fidèles.
Tu viens : l’été, l’amour, le ciel, tout  est à moi,
Et je sens qu’il m’éclôt des ailes
Pour m’élancer vers toi.

« O mon amour il n’est rien que nous aimons » – Georges Schéhadé

Qui ?

Georges Schéhadé est un auteur libanais. Issu d’une famille bourgeoise, il suit des études de droit et entre au ministère de la justice.

Il écrit de nombreuses pièces de théâtre et est considéré comme un des précurseurs du nouveau théâtre avec Ionesco ou Beckett. Sa pièce, L’Histoire de Vasco, fut un succès dans le monde entier.

Son oeuvre poétique a rapidement été reconnue et défendue par de très nombreux auteurs comme Paul Eluard, André Breton etc.

En 1986, il obtient le Grand prix de la francophonie décerné par l’Académie Française.

Quoi ?

O mon amour il n’est rien que nous aimons
Qui ne fuie comme l’ombre
Comme ces terres lointaines où l’on perd son nom
Il n’est rien qui nous retienne
Comme cette pente de cyprès où sommeillent
Des enfants de fer bleus et morts

« Le temps a laissé son manteau » – Charles d’Orléans

Qui ?

Charles Ier d’Orléans est un prince français du XVe siècle. Il est surtout connu pour son œuvre poétique, majoritairement rédigée en exil.

Il grandit dans un climat tendu, qui oppose son père à Jean Sans Peur et qui s’achève par la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. A la mort de ses parents, il hérite du duché d’Orléans et de terres en Lombardie.

Lors de la bataille d’Azincourt, il est dans le camp opposé au roi Henri V et est fait prisonnier par les Anglais. Il ne peut être libéré qu’après paiement d’une caution mais, toute sa famille a été tuée et personne ne peut payer sa rançon. Il est gardé en captivité pendant 25 ans. Son duché d’Orléans est alors sans défense et assiégé par les Anglais : il sera libéré par Jeanne d’Arc.

Grâce à la dot de sa nouvelle épouse, il est libéré en 1440. Il récupère ses duchés. Il meurt quelques années plus tard, après la naissance de sa dernière fille.

Quoi ?

Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie
Et s’est vêtu de broderie,
De soleil luisant, clair et beau.

Il n’y a bête ni oiseau,
Qu’en son jargon ne chante ou crie:
« Le temps a laissé son manteau! »
De vent, de froidure et de pluie

Rivière, fontaine et ruisseau
Portent en livrée jolie,
Gouttes d’argent, d’orfèvrerie,
Chacun s’habille de nouveau
Le temps a laissé son manteau.

« Eventail de Mademoiselle Mallarmé » – Stéphane Mallarmé

Qui ?

Stéphane Mallarmé, de son vrai nom Etienne Mallarmé, est un poète du XIXe siècle, instigateur d’un renouveau de la poésie, influençant nombre de poètes du XXe siècle. Sa poésie difficile et originale font de lui un auteur à part.

Confié très jeune à ses grands-parents suite à la mort de sa mère, le jeune Mallarmé suit une scolarité difficile. Sa sœur, Maria, décède alors qu’il n’est qu’adolescent et c’est à cette époque qu’il commence à composer ses propres textes. Il trouve un travail à Sens, et quelques uns de ses poèmes sont publiés dans différentes revues. C’est à cette époque qu’il s’éprend de Marie, jeune gouvernante allemande, qu’il épousera quelques années plus tard.

Après avoir été réformé du service militaire, il se rend à Londres pour épouser Maria et se former à l’enseignement de l’anglais.  Il est muté en Ardèche où il se considère comme exilé. Cet « exil » forcé transparaît dans les poèmes qu’il compose à cette époque ( Les Fleurs, Angoisse …).

Traversant une période profonde de doute dans les années 1866-1867, il entame une importante correspondance avec Paul Verlaine. Rapidement il commence la publication de poèmes en prose et l’écriture d’Igitur, qui marque son retour sur la scène littéraire française. Il est par la suite nommé à Paris, et il s’installe dans la capitale avec sa famille.

Son séjour à Paris lui permet de rencontrer de nombreux grands poètes et écrivains de l’époque, parmi lesquels Rimbaud, Zola ou encore Hugo. De santé fragile, Mallarmé séjourne à de nombreuses reprises sur les bords de Seine dans une maison de repose, en compagnie de Nadar.

En 1884, avec l’appui de Verlaine, Mallarmé peut publier de nouveaux poèmes. Ses traductions de vers de Poe sont également rendues publiques. Mais, de santé toujours fragile, le poète s’éloigne de l’enseignement pour se mettre au vert. En 1898, malgré la fatigue, il soutient le « J’accuse » de Zola, paru dans l’Aurore. Peu de temps après, fatigué par des problèmes respiratoires, il décède suite à des spasmes du larynx.

Quoi ?

O rêveuse, pour que je plonge
Au pur délice sans chemin,
Sache, par un subtil mensonge,
Garder mon aile dans ta main.

Une fraîcheur de crépuscule
Te vient à chaque battement
Dont le coup prisonnier recule
L’horizon délicatement.

Vertige !  voici que frissonne
L’espace comme un grand baiser
Qui, fou de naître pour personne,
Ne peut jaillir ni s’apaiser.

Sens-tu le paradis farouche
Ainsi qu’un rire enseveli
Se couler du coin de ta bouche
Au fond de l’unanime pli !

Le sceptre des rivages roses
Stagnants sur les soirs d’or, ce l’est,
Ce blanc vole fermé que tu poses
Contre le feu d’un bracelet.

« Sonnets d’Amour » – Jean de Sponde

Qui ?

Jean de Sponde est né dans une famille protestante pratiquante, proche du futur Henri IV.Grâce à une bourse d’étude, il étudie le grec et la théologie. Malgré une attirance pour la religion, il commence sa carrière littéraire avec des écrits profanes : il traduit Homère et rédige des poèmes érotiques. Dès 1580, il obtient un poste à la cour d’Henri de Navarre.

En 1582, après de nombreuses lectures de psaume, il se tourne clairement vers la religion et c’est à cette époque qu’il rédige ses oeuvres majeures : Méditation sur les Psaumes et Essai de quelques poèmes chrétiens.

Après son mariage en 1583, il continue de travailler au côté du futur Henri IV. Emprisonné à Paris, il suit l’exemple de son futur monarque et se convertit au catholicisme. Cette conversion sera un vrai drame dans sa vie : elle lui vaut la haine de ses anciens amis protestants et ses écrits rédigés avant sa conversion sont catégoriquement rejetés par les catholiques.

Jean de Sponde meurt dans la pauvreté à Bordeaux en 1595.

Quoi ?

Je contemplais un jour le dormant de ce fleuve
Qui traîne lentement les ondes dans la mer,
Sans que les Aquilons le fassent écumer
Ni bondir, ravageur, sur les bords qu’il abreuve.

Et contemplant le cours de ces maux que j’épreuve,
Ce fleuve, dis-je alors, ne sait que c’est d’aimer;
Si quelque flemme eût pu ses glaces allumer,
Il trouverai l’amour ainsi que je le treuve.

S’il le sentait si bien, il aurait plus de flots.
L’Amour est de la peine et non point du repos,
Mais cette peine enfin est du repos suivie.

Si son est constant la défend du trépas :
Mais qui meurt en la peine il ne mérite pas
Que le repos jamais lui redonne la vie.

« Page blanche, beau désert » – Pericle Patocchi

Qui ?

Pericle Patocchi est un poète romand du XXe siècle.

Quoi ?

Page blanche, beau désert,
toute pleine de chemins,
voie des gouffres quand les peines
saignent lentes dans le noir,
voir des collines quand le bonheur
court les prés dans ces domaines
assiégés par la garde des heures.

Page en train de se couvrir,
de paroles et ratures,
dieux qui s’approchent, dieux qui s’éloignent,
c’est la bataille des signes
pour le salut des voix prisonnières
– songes qui flambent entre les lignes,
fables qui meurent de leur lumière.

Page écrite, frêle piège,
toute pleine de déserts,
roches qui s’ouvrent, chutes de murs,
sables qui glissent sous le chanteur
lorsque dans l’orbe du sortilège
l’âme éprouve le vertige
d’être ravie au sommet de l’azur.

« L’amour » – Mylène Catel

Qui ?

Mylène Catel est née en 1966. Diplômée d’une maîtrise d’anglais et de masters en français, elle vit et enseigne aux Etats Unis. Elle a, à ce jour, publié deux recueils de poèmes: Le Jongleur Fou (1995) et JC (1996).

Je n’ai pas choisi la poésie,elle s’est imposée.Je devais écrire…Une grande tache,une grande larme toujours renouvelée,un grand doute en somme,une grande foi .

Quoi ?

bras plus étendus
mains retenant le vase
tête bouchon rompu
l’Amour y déferle

de versants en versants
d’un côté et de l’autre
nous offrons notre main
en nous tenant le cœur

les âmes se rejoignent
en une flamme pure
et brûlent jusqu’à Dieu
en qui tout se confond

« Coco and co » – Serge Gainsbourg

Avec un jour de retard, je souhaite commémorer à ma manière le décès de ce grand artiste qu’est Serge Gainsbourg.

Qui ?

Tout d’abord attiré par la peinture, le jeune Lucien Ginsburg vit une enfance et une jeunesse difficile, pendant la guerre où ses origines l’oblige à porter l’étoile jaune et à fuir Paris. Lors de son retour à la capitale, il s’installe avec ses parents dans le XVIe arrondissement, mais se retrouve rapidement en échec scolaire. Inscrit aux Beaux-Arts, il rencontre en 1947 Elisabeth Levitsky, connue dans le milieu surréaliste, qui deviendra peu de temps après sa première épouse.

Lucien essaye de percer dans la peinture mais ne fait que vivre de petits boulots. Impressionné par Boris Vian qui chant alors au Milord L’Arsuille, il décide de se lancer dans la chanson et c’est grâce à Francis Claude (directeur du cabaret) et Michèle Arnaud (chanteuse), qu’il fera ses premiers pas sur la scène du cabaret (où il interprète Le Poinçonneur des Lilas). Cependant, son premier album ne rencontre pas le succès escompté et il est vivement descendu par de nombreuses critiques, qui n’hésitent pas non plus à se moquer de son physique.

Il rencontre le succès avec les chansons qu’il écrit pour Juliette Gréco et Petula Clark, mais surtout grâce à l’immense succès de Poupée de cire, poupée de son, interprétée par France Gall lors de l’Eurovision (et qui remporte le contest). C’est pratiquement à cette époque que se lie entre lui et Brigitte Bardot, une passion aussi torride qu’éphémère. Il lui écrira quelques uns de ses plus gros succès ( Harley Davidson, Bonnie and Clyde, Je t’aime … moi non plus).

Peu de temps après, il rencontre Jane Birkin sur le tournage du film Slogan. Il lui composera aussi de nombreuses chansons.

Les années 70 resteront comme les années pendant lesquelles Gainsbourg compose quatre de ses plus grands albums (Histoire de Melody Nelson, Vu de l’extérieur, Rock around the bunker et L’homme à la tête de chou). Grand amateur d’alcools et fieffé fumeur, c’est aussi au milieu de cette décennie qu’il fait une crise cardiaque, qui lui permet alors d’amorcer son virage vers le personnage de Gainsbarre. Il réagit à cette crise cardiaque en affirmant qu’il va augmenter sa consommation d ‘alcool et de cigarettes.

Suite à cette accident cardiaque, il forge sa légende d’artiste maudit mal rasé. Mais cette descente aux enfers n’est pas du goût de Jane Birkin, qui le quitte après 10 ans de vie commune et une petite fille. L’actrice/chanteuse affirmera plus tard qu’elle « a aimé Gainsbourg, mais qu’elle avait peur de Gainsbarre ».

Il se lie alors avec une nouvelle égérie, Bambou, pour qui il ne peut s’empêcher de composer de nouvelles chansons, qui n’auront pas le succès recherché. Après s’être essayé au reggae, Gainsbourg part en New York où il se frotte au funk et au hip hop. Après de longues semaines passées au Casino de Paris, Gainsbourg s’éteint chez lui en 1991, suite à une cinquième crise cardiaque.

Outre l’image faite de fumée de cigarettes, d’alcool et de débauche que l’on a de la fin de sa carrière, Gainsbourg est aussi (et surtout !) un compositeur de génie, un parolier au rare talent dont les mots résonnent encore aujourd’hui.

Quoi ?

« Coco and co » est issu de l’album Gainsbourg Percussions, sorti en 1964.

Écoute
Le gars qui jazzote
T’entends Ah comme il saxote
Il est
Camé à Zéro
Coco and co

Un de
Ses compatriotes
Au pia-
No celui qui pianote
Comme
Lui c’est la coco
Coco and Co

À la
Basse celui qui croqu’note
C’est l’é-
Ther lui qui lui botte
T’as pas
Vu il est K.O.
Coco and Co

Aux drums Celui-là qui tapote
C’est un
Crack c’est un pote
Lui c’est
La fleur de pavot
Coco and Co

Celui qui
Joue pas qui sirote
C’est un
Des gars du Blue Note
Mais lui
Ça s’rait plutôt la
Marijuana

Pour ceux qui ont Spotify, vous pouvez écouter la chanson à cette adresse: Serge Gainsbourg – Coco And Co

Et si vous préférez Deezer, c’est par là : http://www.deezer.com/fr/#music/serge-gainsbourg/serge-gainsbourg-gold-124757 )

« Tê(x)tes contre tê(x)tes » – Béatrice Machet

Qui ?

Béatrice Machet est passionnée de danse et s’oriente d’abord vers la science fiction et la BD. Suite à sa rencontre avec Jean-Luc Malineau, elle se tournera définitivement vers la poésie.

Poétesse de nombreuses fois publiée en France et à l’étranger, Béatrice Machet est une artiste cosmopolite: en effet, elle publie de nombreux recueils de poètes indiens d’Amérique du Nord et est en correspondance régulière avec des poètes de quatre coins du monde.

Engagée dans son art, Béatrice Machet participe à de nombreuses manifestations : festival MANCA de Nice, l’opération Trente poètes dans trente collèges du Var etc.

Quoi ?

Deviner l’ossature
la structure
la charpente
le solide où s’inscrit le fragile du cristal

.

mais textes après textes
deviner l’élan
la chorégraphie aérienne
du vertige

.

Fi des articulations
la fluidité dans toute sa plénitude
d’êtr
l’espace
c’est-à-dire une conscience
c’est-à-dire la magie vivante
d’une respiration infinie
qui ne connaît pas les cloisons alvéolaires

.

Fi des frontières
le oui circule
gourmand
puissant
renversant

.

ah la jubilation paisible
d’avoir rejoint
sur le trajet des mots
l’unité primordiale
où se confondre
avec l’avant-goût de la naissance
sur le chemin de la bouche à la main.

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