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Salon du Livre 2010.

Comme vous le savez peut être, le Salon du Livre 2010 nous ouvre ses portes la semaine prochaine, du 26 au 31 mars, Porte de Versailles. Je compte m’y rendre pour plusieurs raisons découvrir de nouveaux auteurs, échanger avec des auteurs et sûrement assister à quelques unes de conférences proposées.

Cette année, le Salon du Livre fête ses 30 ans et voit les choses en grand. Un pavillon de 1 000m² accueillera les 90 auteurs français et étrangers invités d’honneur (parmi eux Umberto Eco, Andreï Kourkov dont le livre Le pingouin a été chroniqué ici il y a peu, Amélie Nothomb, Salman Rushdie, Frédéric Beigbeder, Yves Bonnefoy dont j’ai parlé ici aussi, Emmanuel Carrère, Jean d’Ormesson, Marie Ndiaye qui a reçu le prix goncourt 2009, Alain Finkielkraut, Joann Sfar, Eric-Emmanuel Schmitt et bien d’autres encore). Cet espace sera dédié au théâtre afin d’échanger avec tous ces auteurs, des séances de lecture seront aussi organisées et des bornes multimedia permettront de découvrir les ouvrages des différents écrivains.

De nombreuses conférences sont organisées sur les 5 jours que dure le Salon. Beaucoup m’intéressent, je vous dresse ici une liste non exhaustive, susceptible d’évoluer :

Vendredi 26 Mars

Musique : Ce que le rock nous dit. 11h30 – 12h30. « Lydie Salvayre est montée sur scène avec des musiciens de jazz et des rockeurs de Noir Désir. Quelles convergences associent une romancière à des musiciens ? Arno Bertina a écrit sur le rock, comme si cette mythologie moderne était aujourd’hui incontournable pour qui écrit. »

Rencontre entre Mr. Seslavinsky et Mr. Gerat. 12h – 13h. « Mr. Seslavinsky – Head of the Federal Ministry for Press and Mass Communications of the Russian Federation et Mr. Gerat, traducteur et critique littéraire français. »

Rencontre avec Edouard Glissant. 14h – 15h. « À l’occasion de la sortie de « La Terre, le feu, l’eau et les vents, une Anthologie de la poésie du Tout-monde », Edouard Glissant nous ouvre les portes de sa bibliothèque, lors d’une discussion avec son ami Edwy Plenel« 

Samedi 27 Mars

L’influence de la religion dans l’écriture. 12h30 – 13h30. « Qu’on le veuille ou non, que nous soyons croyants ou athées, nous sommes tous le produit de sociétés profondément marquées par la religion, quelle qu’elle soit. Comment cet héritage religieux influe sur notre société, sur nos vies et sur la littérature ? »

Dimanche 28 Mars

Quand le livre vient au secours de la presse. 11h – 12h. Intervenants : Guy Birenbaum, Véronique Mougin, Olivier Galzi, Philippe Robinet, Emmanuelle Fillion, G. Kirikkannat Migé.

Mardi 30 Mars

Les chemins de l’enfer. 12h – 13h. « La Seconde Guerre mondiale n’est pas arrivée par hasard, elle est le fruit d’une longue et inquiétante dérive vers l’horreur. À travers la fiction, les écrivains ont déchiffré les méandres de l’âme humaine, nous donnant ainsi un début de piste pour tenter de saisir l’incompréhensible… »

Dédicaces (qui m’intéressent !)

Andreï Kourkov dédicacera son nouveau livre « Laitier de nuit »  du 26 au 30 mars.

Si jamais certains d’entre vous s’y rendent, n’hésitez pas à m’en faire part en com ou par mail, et nous pourrons peut etre organiser une rencontre entre les différents lecteurs de ce blog et échanger IRL !

Pour plus d’infos, vous pouvez bien sur vous rendre sur le site du salon, à cette adresse:

« Le Pingouin » – Andreï Kourkov

Ce Pingouin d’Andreï Kourkov est un ouvrage tout  à fait original, ancré dans l’Ukraine d’aujourd’hui. Victor Zolotarev, auteur en mal de reconnaissance, adopte un pingouin du zoo de Kiev qui tombe en ruine. Sans emploi, Victor accepte de rédiger pour un journal des nécrologies de personnes encore vivantes. Il accepte : c’est un travail tranquille et lucratif. Mais, un jour, les personnes « visées » par ces nécrologies commencent à mourir et à mourir de plus en plus rapidement. Victor et son pingouin se retrouvent alors au cœur des tumultes de l’Ukraine post soviétique.

Quelle alliance  étonnante que celle d’un pingouin neurasthénique et dépressif et d’un journaliste à la dérive ! Mais quel régal !! On suit avec passion les différentes aventures de ce duo inédit qui nous amène dans les tréfonds de l’Ukraine moderne. On s’attache immédiatement à la relation tissée entre ces deux personnages : la dépendance qui rapidement s’installe entre les deux protagonistes mais aussi la tendresse qui émane de leur relation. On se prend à nous aussi vouloir avoir notre propre pingouin à qui on donnerait un bain glacé et à qui on achèterait plein de poissons à déguster.

Kourkov dépeint des situations très graves mais la dérision de Zolotarev leur fait perdre de leur gravité et les rend même comique à certains moments. Zolotarev porte un regard désabusé et plein de dérision sur le monde qui l’entoure. Les problèmes qui lui tombent dessus suite à l’écriture de ses « petites croix » semblent être surmontables grâce à sa relation avec le gentil pingouin Micha.

Ce roman est un thriller très réussi plein d’humour noir. Andreï Kourkov nous place au cœur d’une réalité étouffante et amère, qui nous fait prendre conscience des problèmes de la société ukrainienne contemporaine.